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Quatre
grandes personnalités de la Résistance en Pays Lyonsais ....
et sur quatre autres pages du site |
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| Quatre
grandes personnalités de la Résistance en Pays Lyonsais
Dans son livre « Libération 44 », Jac Remise évoque la Résistance dans le canton de Lyons. Roger Duboc chef de groupe de l’O.R.A, délégué militaire de cette organisation pour les départements de l’Eure et de la Seine-Inférieure, Président du Comité du Souvenir de Mortemer, se souvient que seize résistants furent victimes des allemands dans cette région particulièrement dangereuse, parmi lesquels les onze martyrs de l’attaque de Mortemer dont les noms sont gravés sur la croix des fusillés. Dans la vaste forêt domaniale de Lyons, ces hommes ont en effet accompli des actes méritoires qu’il convient de rappeler puisqu’ils y cachèrent des aviateurs alliés, des réfractaires au S.T.O et des résistants, qu’ils fournirent quantité de renseignements aux alliés, organisèrent des parachutages d’armes, des sabotages et des attaques de convois.. Quatre personnalités de la Résistance émergent dans le secteur de Lyons : Roger Vinay et Lucien Lanoy avec la C.N.D Confrérie Notre-Dame, Roger Thuret et Louis Régnier avec l’O.R.A Organisation de la Résistance Armée. Brigitte Bieuville et le colonel Henri Collignon ont effectué un important travail de recherche sur la Résistance, à l'occasion du cinquantenaire de la Libération en 1994. Publiée par les "Amis de Lyons", elle est intitulée " La Résistance au Pays de Lyons" dont sont extraits les portraits de ces quatre résistants. Roger Vinay, pharmacien à Lyons la Forêt, membre du réseau C.N.D, communiquait par radio avec Londres. Le réseau C.N.D sera actif essentiellement en 42-43. L’une de ses tâches, outre la communication avec Londres, sera le repérage de pistes d’atterrissage qui seront principalement utilisées pour le transport de passagers clandestins.. |
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Plaque souvenir posée en 2006 à la pharmacie de Lyons la Forêt |
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| Roger
Thuret, ingénieur Arts et Métiers, entre en 40 dans l’Administration
des Eaux et Forêts à Lyons. Contacté pour développer l’O.R.A dans ce secteur,
Roger Thuret accepte sans hésitation, certain de recruter des hommes dans
ses chantiers forestiers. La mission de l’O.R.A est orientée vers l’action.A
partir de Mai 44, les arrestations s’enchaînent. Peu à peu les hommes de
l’O.R.A sur Lyons sont coupés de leurs liaisons avec l’échelon supérieur.
La faiblesse de leurs moyens matériels limite leur action à des embuscades. Louis Régnier, cultivateur au Tronquay, est le résistant de la première heure. Il s’engage dans le groupe Kléber dès 1941 avec lequel il prépare les parachutages sur Etrépagny. En 1943, il rejoint les rangs de l’O.R.A. Il est alors adjoint de secteur sous le commandement de Roger Thuret. Lorsque les allemands viendront à sa ferme de La Lande Saint-Ouen, le 28 Mai 44 pour l’arrêter, ils ne trouveront que sa femme. En représailles, sa ferme sera incendiée. Entré en clandestinité, il rejoint les rangs des F.F.I dans lesquels il sera nommé chef de trentaine sur le secteur des Hogues et du Tronquay. |
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Retrouvailles le même jour avec de gauche à droite: Roger Thuret, ingénieur des Eaux et Forêts, M Valognes Louis Régnier et Henri Gantier, cultivateurs au Tronquay M Viard déporté à Dachau et M Alépée, boulanger au Tronquay |
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| Parachutage
d’armes en forêt de Lyons. Louis Régnier. La photo date de 1947. Les anciens résistants viennent de déterrer un contenair provenant du parachutage du 10 Février 44. Ce parachutage de 14 containers avait eu lieu au vallon des Calouettes près du Tronquay. Seront ainsi récupérés : 68 mitraillettes STEN 20 fusils 12 pistolets 115 grenades 2 émetteurs-recepteurs 16 récepteurs radio et quantité de munitions La plus grande partie de ce matériel partira pour Rouen |
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| Les
journées des 23-24-25 Août 1944
En ce mois d’Août 44, l’O.R.A est en difficulté dans ce secteur de Lyons. Roger Thuret a nommé Jean Balmino chef des sizaines de Rosay, Touffreville et Lisors. Le 6 Juin, de nombreux engagements ont été signés et Jean Balmino s’inquiète du manque de cohésion de sa trentaine. Celui-ci persuade alors Roger Thuret, pour pallier à cette faiblesse, d’organiser fin Août « un exercice de mobilisation » en forêt de Lyons, près de Mortemer.Pour les allemands, ces routes en forêt de Lyons sont d’une grande importance. Elles leur permettent un retrait protégé par le sous-bois en direction de Morgny. L’aviation alliée leur cause des pertes importantes sur les grands axes routiers. Le danger de la situation n’a pas échappé aux résistants les plus expérimenté, l’horrible massacre d’Oradour sur Glane est dans tous les esprits. Albert Delacour, l’un des survivants, aujourd’hui en 2000, âgé de 76 ans , se souvient : « Pour éviter que pareille atrocité ne se reproduise, nous avions décidé de limiter notre action à des embuscades sur des allemands isolés, dans le seul but de récupérer des armes légères . Dans ces derniers moments du repli allemand, chacun pressentait le danger » La première opération est lancée dans la soirée du 23 Août. Le campement du groupe est installé dans le chemin des 13%. Sous le commandement de Jean Balmino, ils doivent attaquer un groupe d’allemands près de la fontaine Sainte Catherine « Parmi ces hommes se trouvaient deux aviateurs alliés qui vivaient cachés dans le grenier de la maison d’Huguette Verhague à Mortemer. Au moment de surprendre le groupe allemand, l’arme automatique sur laquelle reposait le succès de l’opération s’enraya. L’adversaire, mieux armé, réagit, et le commando se trouvant en position d’infériorité, ordre fut donné de décrocher. Tous les hommes, y compris les aviateurs, réussirent à regagner le camp. Nous étions alors une vingtaine. Maître Touraine, notaire de Fleury la Forêt, jugea alors prudent d’emmener, le soir même, en lieu sûr les deux aviateurs ». Jean Balmino, le chef, décide une nouvelle action pour le lendemain matin. Une sizaine se rendra à proximité de la fontaine Sainte Catherine. Albert Delacour : « J’avais conseillé la prudence mais j’étais très jeune et on ne m’a pas écouté. J’avais toutefois demandé que le groupe soit composé d’hommes expérimentés ». Le 24 Août à l’aube, un groupe de six hommes - Jean Balmino, André Tellier du Roule, Albert Delacour et Robert Pohu tous deux du Vaumichon, Charles Rouland et Marino Rolland - armés de quatre mitraillettes et de deux revolvers se poste en embuscade près de la source de la Fontaine Sainte Catherine. « Lorsque nous avons vu arriver un command-car, nous n’avons pas bougé. Le véritable danger pouvait suivre. Quelques instants d’hésitation de notre part et surviennent une automitrailleuse et une colonne allemande. Les hommes descendent et commencent immédiatement à fouiller les taillis. Nous rejoignons tous le camp et là, nous constatons que nous sommes encerclés. C’est le sauve-qui-peut général. Je prends alors le risque de passer au travers des mailles du piège qui se referme. Ma bonne connaissance de la forêt aidant, je prends la direction de Mortemer et traverse les étangs. Mon compagnon de fuite, Robert Pohu, se fait rapidement une entorse à la cheville. Je le porterai jusqu’aux abords de Puchay où nous nous cacherons. Le lendemain, je décide de retourner vers Lisors. J’y rencontre René Loucopoulos, un solide gaillard, lui aussi résistant, et tout en lui racontant l’histoire, je lui conseille de fuir au plus vite ce qu’il ne fait pas. Moins d’une heure après, les allemands se présentent au garage et lui demandent de le suivre pour aller réparer un de leur camion. A-t-il tenté de sauter en marche du camion? On le retrouvera, une semaine plus tard au lieu-dit le Hêtre à Dieu, le corps criblé d’une rafale de mitraillette. Ce sont les anglais qui se chargeront de récupérer le corps en état avancé de décomposition. J’apprendrai qu‘André Tellier, Charles Rouland, Fernand Sébastien et Paul Derly ont eux aussi réussi à s’échapper » |
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![]() Le garage Beauclé se trouvait au-dessus de l’actuelle boucherie De gauche à droite : Félix Plaisant, Bernard Quevillon et André Beauclé |
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Pour les autres, le piège sera
fatal. Les hommes seront arrêtés, interrogés et torturés. Le 25 Août,
sept hommes, dont certains creuseront leur tombe, seront fusillés par
les allemands. |
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![]() Le Roule. En lisière de forêt, le kiosque de M.Halemme marqué d'une croix sur le cliché où se cacheront durant deux jours Charles Rouland et André Tellier |
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| Au village, les allemands
arrêtent sur son lieu de travail, le garagiste André Beauclé. Monsieur Soudan
et Monsieur Pigné, le cafetier, lui avaient pourtant proposé, en vain, de
le cacher. André Derly est arrêté à sa ferme du Coisel (ferme du rond-point
avant Lisors), Jean Balmino revient dans la matinée à son domicile
de Rosay.Il passe rapidement à son bureau et repart en bicyclette.
Lui comme André Derly et André Beauclé ne seront jamais
revus. La recherche des corps des fusillés de Mortemer. Les recherches des corps des disparus débutent à la libération trois jours plus tard dans la plus grande prudence. Des allemands isolés mais armés errent en forêt de Lyons. Les cinq premiers corps sont retrouvés le 30 août vers 15 heures. Ils ont été hâtivement dissimulés sous de la terre et du feuillage. Quatre des corps - A.Saccépée - J.Bélliard - E.Schmitt - J.Vallat - sont retrouvés nus, affreusement mutilés à coups de baïonnette, les ongles arrachés. Le spectacle est horrible. La chaleur étouffante a décomposé les corps qui seront chargés avec de la paille dans un tombereau. Le cinquième corps, celui de G. Léon repose seul, à quelques mètres des autres, ayant subi semble-t-il moins de sévices. Les hommes penseront qu'il a eu la charge de camoufler ses camarades avant d'être lui aussi exécuté. Ces cinq hommes ont été découverts à droite du fossé dans un bois privé. La croix du souvenir a été placée à gauche du fossé dans le domaine public des Eaux et Forêts. Les corps de ces cinq martyrs sont emmenés directement au cimetière de Lisors. On ne sait qui a amené des prisonniers allemands devant ces cadavres mais la colère des villageois est telle qu'on leur promet une exécution immédiate. Ces prisonniers ne devront leur salut qu'à l'intervention d'un officier de l'armée anglaise. La découverte des deux autres disparus - G.Ouvry - H.Pétas - sera plus tardive, le 19 septembre. Les deux corps sont dissimulés sous une souche et une main qui dépasse attirera l'attention. Ont-ils été abattu dans leur fuite ? Les deux corps n'ont pas subi de supplice.. Ces hommes ont-ils été trahis? Les témoins confirmeront tous que les allemands possédaient une liste. Pour les uns, le maire de Rosay, le colonel Clausse, collaborateur affiché, aurait donné sa parole d'officier aux allemands que de tels faits ne se reproduiraient plus au village. En gage de bonne foi et pour épargner le village des terribles représailles qui étaient à craindre, il aurait fourni cette liste de suspects. Le colonel se suicidera deux jours plus tard dans la côte de l'église. Pour d'autres, Jean Balmino aurait commis l’imprudence de posséder sur lui la liste de ses hommes.Albert Delacour : « Personne ne sait ce qui s’est passé lors de l’arrestation au campement. Je ne peux que confirmer la sincérité de mes souvenirs sur ce que j’ai vécu ces jours-là. Je n’ai jamais douté, même un seul instant, de la loyauté de notre chef, Jean Balmino. Des erreurs ont pu être commises, la libération approchait. Les alliés, ralentis par la résistance allemande dans la traversée de la Seine à Vernon, ne libèreront le canton de Lyons que le 30 Août » La vérité est probablement plus simple. Peut-on imaginer qu'aucun des sept hommes capturés n'ait parlé sous la torture des SS? Le plus jeune n'avait que dix-neuf ans! Le souvenir de Mortemer reste douloureux dans les vallées de la Lieure et du Fouilleboc. La veuve de Charles Rouland ( Charles est décédé il y a quelques années), le fils de Jean Balmino, vivent encore à Rosay et Georgette Derly fille d’André Derly, Mme Loucopoulos veuve de René à Lisors. Dans « La Résistance au Pays de Lyons » Brigitte Bieuville et le Colonel Henri Collignon écrivaient en 1994: « Cette -Affaire- de Mortemer n’est pas un fait d’armes au sens militaire et tactique. Mais toutes ces victimes méritent respect et admiration ; car elles ont agi par patriotisme et avec, comme souci premier, de combattre l’ennemi. En leur mémoire, un monument est érigé en forêt, sur les lieux du combat . Tous les ans, leur souvenir y est perpétué par une émouvante cérémonie ». Puisse le souvenir des Martyrs de Mortemer se transmettre aux générations à venir et demeurent à jamais présent dans notre mémoire Jean Vallat, Guy Léon, Achille Saquépée, Henri Petas, Emile Schmitt, Jean Bélliard, Gilbert Ouvry fusillés à la Croix, René Loucopoulos exécuté au Hêtre à Dieu, Jean Balmino, André Beauclé et André Derly disparus |
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Albert
Delacour, survivant du martyr de Mortemer |
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Dimanche 7 septembre 2003 au monument de la Croix Vaubois Le Colonnel Collignon remet à Albert Delacour la Médaille de la Reconnaissance de la Nation |
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| Le
monument à la mémoire de l’O.R.A et des Forestiers au carrefour de La Croix Vaubois |
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1939 1945
CE MONUMENT EST DEDIE AUX DEPORTES DISPARUS TUES EN COMBAT DE LA VIème CONSERVATION DES EAUX ET FORETS ET DE L’ORGANISATION DE LA RESISTANCE ARMEE A droite CL.M LE POITEVIN DE LA CROIX DE VAUBOIS CONSERVATEUR DES EAUX ET FORETS CL.M LAGUARRIGUE CDT.R FOLIOT S-LT.R BONNEAU PHELIPPEAU M.ROULLEAU J.BALMINO A.BEAUCLE J.BELLIARD J.DARGENTON MORTS POUR LA FRANCE A gauche A.DERLY G.HOULBRECQUE R.LABOUROT G.LEIXA G.LEON R.LOUCOPOULOS G.OUVRY H.PETAS M.REVERT A.SAQUEPEE E.SCHMITT J.VALLAT MORTS POUR LA FRANCE |
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Les résistants forestiers
payèrent un lourd tribut. Le commandant des Eaux et Forêts, Michel Le
Poitevin de la Croix de Vaubois et son adjoint le commandant Robert Foliot
furent déportés vers l'Allemagne et n'en revinrent pas. Dans son discours, Mr Lesage,
Conservateur des Eaux et Forêts, dira: |
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![]() Les noms de Jean BALMINO, André DERLY et André BEAUCLE sont gravés sur la croix |
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Le souvenir d’Huguette Verhague |
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La presse anglaise rendait hommage à Ron Leverington en novembre 2011. |
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Huguette Verhague demeurait près de l'abbaye de Mortemer.
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La reconnaissance officielle par l'armée anglaise de l'aide apportée par Huguette Verhague aux marins, soldats et aviateurs des forces britanniques du Commenwealth. |
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| Ron Leverington est
mitrailleur dans un Halifax de la R.A.F lorsque le 29 juin 44 son avion
est abattu à Goupillères. Il sera caché durant six
semaines chez Huguette Verhague avant d'être dirigé sur Paris
où un agent double le livre directement à la Gestapo. Il survivra
jusqu'à la libération au camp de Buchenwald. Ron Leverington est revenu à Mortemer en 1997 dire merci. "Je ne pourrai jamais exprimer mon admiration pour la Résistance Française, pour leur bravoure, leur générosité, leur sollicitude. Mais Connie et moi, leur avons rendu hommage en appelant notre fille Anne Huguette.." Impartial du 10 avril 1997 |
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